Elle - In The Magazine, Keira Royale
L'impérieuse, impétueuse et filiforme Keira Knightley
donne un coup de jet à l'aristocratie bohémienne, le vieux et
temporaire serment anglais passant à la trappe... Par Joseph Hooper.
La célèbre et merveilleuse Keira Knightley est venue au Sundance
Film Festival pour promouvoir son dernier film, le thriller à suspense,
The Jacket. Bien qu'elle ait fait son nom avec les épiques Pirates
Of The Caribbean, et King Arthur, d'une façon ou d'une
autre sa haute et belle allure, sa voie et sa diction britannique croquante
semblent un peu décalées à l'ambiance commerciale de Sundance.
Mais ce n'est pas son aller-retour journalier entre Londres et Park City, Utah
(Un voyage de 12 heures qui l'a déposée en face de Deer Valley,
épuisée, non douchée et non ponponnée) qui la boulverse.
"Je suis désolée, je suis désolée. Vous attendez
depuis longtemps?" Elle me salue, comme si son vol retardé est d'une
façon ou d'une autre un défaut. Knightley, 20 ans, a grandi dans
ce grand Londres très hurbain, avec son père acteur et sa mère
écrivain qui lui ont tout deux enseigné que le show business est
une affaire comme une autre. Elle avait joué dans des films depuis qu'elle
était enfant. Je suis toujours étonné par ses bonnes manières
britanniques et facétieuses. "Il n'y a aucune raison de se mal comporter
quand vous avez du succès," explique-t-elle avec cette voix très
appropriée. "Parce que vous allez redescendre. Il y a tant de personnes
dans le monde qui désespèrent de faire ce que je fais, que je
me sentirai absolument comme une vache si je négligeais cela!" (Dieu
bénissent l'Angleterre!)
Selon l'horloge d'Hollywood, quand nous nous rencontrons le jour suivant dans
un restaurant de Park City, Knightley et moi sommes de vieux compagnons. Nous
nous plongeons dans une analyse complète de son look aujourd'hui. Elle
porte les jeans de Sundance, les bottes en cuir grises de cowboy anglais, et
un chandail brun pâle avec un col roulé en laine. "Topshop,
12 livres et pas de mauvaise qualité!" Hurle-t-elle fièrement.
Je m'intéresse à la marque. Knightley se penche en avant, et je
regarde derrière son cou pour voir l'étiquette.
"Aucune étiquette."
"Punaise!"
"Vous savez," lui dis-je, "Vous ressemblez à un de ses
Robins des Bois joyeux." Knightley a un genre de beauté rustique,
quelque chose au sujet de ses lèvres dodues et du teint fauve qu'elle
attribue à son héritage noir de Scot du côté de sa
mère, un gêne d'Epagnol Celtique dans le patrimoine héréditaire.
"J'allais chercher du chic."
"Que diriez-vous de Peter Pan? Vous avez la bonne coupe."
“Peter Pan! Jésus!”
Ah, les cheveux. C'est une histoire en soi. À 16 ans, jouant dans Bend
It Like Beckham, le film à succès de football de 2002 qui
l'a aidée dans sa carrière, Knightley avait de courtes tresses
blondes, d'ailleurs assez courtes pour créer un quiproquo sur la relation
de Jess et Juliette. Ensuite sont venus les pirates et les superbes extensions
de cheveux qui l'ont transformée en véritable femme, objet de
toutes les attentions d'Orlando Bloom. Maintenant, elle a encore adopté
le look sportif, cette fois avec le directeur Tony Scott (Top Gun,
Crimson Tide). Il s'est approprié Keira Knightley après
qu'elle a finit The Jacket et filmé son prochain projet, Pride
And Prejudice. Il lui a donné le rôle titre de son nouveau
film Domino, grossièrement basé sur l'histoire réelle
de Domino Harvey, la fille de l'acteur britannique Laurence Harvey, qui est
devenue l'un des meilleurs chasseurs de primes du premier ministre de Californie
dans les années 1990.
Quand Scott a rencontré Knightley en Angleterre, il a apporté
des photographies de chasseurs de primes professionnels pour l'aider à
se préparer à la scène d'action qui allait venir. "Elle
s'est présentée avec les jeans de son petit-ami, je pense, et
ses boxeurs au-dessous," déclare Scott. "Il y a quelque chose
de très sexy à propos de ça, et j'ai réalisé
que c'était dans cette direction que je devais aller. Donc ses scènes
sont vraiment coriaces." Quand Knightley est arrivée à LA
pour commencer le tir l'automne dernier, Scott s'est chargé de ses cheveux
avec les coiffeuses et a trouvé la coupe qui convenait parfaitement.
"J'ai continué de couper, bien que je n'ai pas eu le courage de
lui donner une coupe d'équipage!" dit-t-il.
Mis à part l'art de Scott, quelque chose au sujet de Knightley (autre
que sa beauté évidente et sa coupe inattendue) attire l'attention,
bien qu'elle s'adoucit avec son rire de jeune fille et son charme velouté
Birtannique. "Vous avez cette attitude 'née pour jouer Jeanne D'Arc'
à l'intérieur de vous," lui dis-je. "Le pure et ardent
esprit avec une cause, une épée et un véritable amour."
"Oui," dit-elle. "Quand je joue, je glisse dans cette chose stridente
'Suis toi, tu sais ce que tu fais', ce qui est drôle parce que ça
ne me ressemble pas." Peut-être pas avec ses amies à Londres,
mais ça semble une juste caractérisation de ce courageux chemin
où elle s'est aventurée, au-delà des films à popcorn
au gros brudget. Il y a deux étés, Knightley était au milieu
du tournage de King Arthur, interprétant une Guenièvre
ressemblant à une Jeanne D'Arc païenne. (sans sa virginité,
puisqu'elle a sauté sur Arthur, interprété par Clive Owen,
à la première occasion). En Irlande, elle a l'occasion de lire
le script défiant de The Jacket ("C'est un récit
à suspense romantique psychologique subversif - que de jolis mots, n'est
ce pas?") et de voyager jusqu'à Londres pour persuader le directeur,
le Britannique John Maybury, de lui confier le rôle titre de la femme.
"J'ai mangé quelque chose de pas clair la veille," dit-elle,
"Et à 4 heures du matin, je ne me sentais pas bien, et je n'ai pas
eu le temps de prendre une douche. Je suis arrivée pour la réunion
du déjeuner avec John et les producteurs, et ils mangeaient du poisson.
J'étais verte. Et après le déjeuner, j'ai parlé
avec John et il a dit quelque chose comme 'Il y a eu beaucoup de médiatisation
autour de vous, mais je ne veux pas de vous dans mon film et je ne crois pas
que vous pourriez y jouer.' J'ai pensé, Pourquoi est ce que je n'ai pas
vomis partout sur vous pendant que vous mangiez vos poissons, connard! Mais
j'ai pensé qu'il fallait en fait avoir une honnête conversation.
Donc j'ai répondu, 'D'accord. Vous ne pensez pas que je puisse jouer
dans votre film, et je n'en suis moi-même pas sûre à 100%
non plus, mais je veux vraiment essayé."
Maybury m'a dit qu'il avait accepté de rencontrer Knightley seulement
parce que les producteurs de The Jacket étaient désespérés
de trouver la bonne personne, mais qu'elle avait eu le rôle bien avant
de faire l'audition, lui ayant dit, "Si je ne fais pas ce film, je jouerai
dans des corsets pendant les 20 prochaines années." (Le directeur
est resté amoureux - 'Je suis une corvée, donc ça n'a rien
de sexuel" a-t-il dit.)
Encore prouvée dans The Jacket, Knightley est prometteuse si
elle n'est pas déjà une actrice dramatique accomplie, et elle
possède une filmographie qui donne des leçons, incitant encore
un homme aussi expérimenté que Maybury à avoir recours
au plus vieux proverbe d'Hollywood,"La caméra l'aime." Personne
n'a douté de l'excellente qualité de la scène de nudité
avec son partenaire dans le film, Adrian Brody.
Knightley n'était pas vraiment étrangère aux scènes
nues devant la caméra (The Hole, Doctor Zhivago) "Mais
rien n'est vraiment entièrement comme ça," dit-elle. Mais
Brody est venu à sa rescousse. "J'étais assise dans ma caravane
- tout était bien, ça allait aller bien - et il est apparu à
la porte avec de l'eau-de-vie et de la vodka. Ça aide, mais faire ces
scènes semble complètement irréel. Vous êtes avec
quelqu'un et tout d'un coup vous vous retrouvez nue, face à lui. Quoi?
Ayez de la vodka!" Un goût pour un jeu d'adulte terminé dans
son récent projet, Knightley se dirige maintenant aux Bahamas pour quelques
plaisanteries familières : deux suites sont simultanément tournées
de Pirates of the Caribbean. Elle est ravie d'être de nouveau
réunie avec tout le vieil équipage de Pirates (Johnny Depp, Orlando
Bloom...) et le guitariste des Rolling Stone, Keith Richards.
C'est qu'il y a du avoir bien des choses de palpitantes pour l'actrice de 17
ans, dont je sais qu'elle a eu un petit-ami. La plupart des choses sortent de
la bouche de Knightley en ce qui concerne ses aventures dans ses films, mais
elle est remarquablement vigilante à propos de sa vie personnelle, qui,
étant donné la nature de la presse Britannique, n'est pas surprenant.
"Keira, avez-vous un petit-ami pour le moment?" Je demande. "Je
n'en ai pas la moindre idée," répond-elle rapidement. Puis,
"Probablement." Puis, "Oui." "Est-ce que c'est le même
petit-ami auquel je pense [Jamie Dornan], qui est avec vous au Sundance et qui
ressemble à une version jeune de la star de football David Beckham, avec
une coupe courte?" "Non, c'est quelqu'un d'autre. Je n'aurais probablement
pas du dire ça, c'est stupide de ma part."
J'enrôle Knightley dans un jeu qui, j'espère, fera appel à
son étourderie. En réalité, une nuit près de la
fin du tournage de Pirates des Caraïbes, elle allait presque descendre
de son bateau quand le gonflable a heurté un récif. D'une petite
voix, elle a lancé aux autres, "Je suis très, très
anglaise : Cela va être absolument parfait, une très drôle
aventure." Quelques hoteliers français aux yeux pointus ont par
la suite ramé pour leur venir en aide, mais son retour sur la terre ferme
a été effectué seulement après avoir travervé
les coraux pendant 20 minutes. Bien, supposez que durant cette nuit fatidique
elle n'a pas été sauvée par un groupe de Français
mais par un seul héros avec qui elle était destinée passer
le reste de sa vie sur une île tropicale abandonnée :
Orlando Bloom? "Hmm, c'est un jeune homme convenable, et nous aurions un
bon nombre de poissons, un abri et de l'eau douce, parce que c'est bien son
genre. Et il est un peu comme un clown, il est toujours en train de bouger.
C'est comme un Boy Band, un chéri." Et il serait romantique? "Je
ne peux pas imaginer cette partie, mais je suis sûre que nous aurions
des bons moments."
Clive Owen? "Ce serait merveilleux. C'est un type très pratique,
fort, viril, et nous aurions cet abri en un rien de temps."
Johnny Depp? "Je ne peux pas encore imaginer une romance, et je ne sais
pas non plus si on parviendrait à établir un abri, mais je suis
sûre que nous arriverions à quelque chose. On ne sait jamais, mais
en tout cas nous rirerions beaucoup et aussi longtemps que Johnny ferait de
la quitare, nous aurions de la musique. Johnny est très cultivé.
Il peut parler de n'importe quel écrivain, de n'importe quel peintre,
et c'est vraiment rassurant de savoir que l'un des hommes les plus intelligents
que j'ai jamais rencontré est un renvoi de l'école." (Comme
Knighltey elle-même, qui a quitté l'école à 16 ans
pour faire des films.)
Que diriez-vous de Thora Birch, votre partenaire dans The Hole? "Thora...Je
pense que rirerions bêtement." Une relation homosexuelle constructive?
"Je doute, mais ne jamais dire jamais."
Votre petit-ami actuel? "Je ne réponds pas à cela!"
Keith Richards? "Wow! C'est très recherché! Je n'en ai aucune
idée. Ce serait hallucinant!"
Nous avons quitté l'île et sommes dans une conversation assez sensible
lorsque nous apercevons Maybury arriver vers nous. A Park City, il a joué
le rôle du terrible enfant âgé, un Taureau vodka-et-Rouge
dans un magasin de porcelaine chinoise. "Tel un enfant!" crie Knightley.
"Non, je suis un homme de 46 ans," réplique-t-il avec un dignité
un peu blessée. "Oh, c'est une interview... Bien, c'est la plus
importante actrice de sa génération. Et elle n'a pas encore tout
à fait commencé. Mon film est le premier dans le genre, et elle
va éblouir les gens qui ne sont pas encore convaincus, mise à
part le fait qu'elle continue à faire des costumes un drame."
"Oh, f--k off!"
"Je vais faire un film porno avec toi et ton petit-ami parce que vous êtes
le plus beau couple qui n'est jamais existé."
Maybury se trotte et Knightley se tourne dans ma direction, "Il est vraiment
fabuleux. Il connait tellement de choses sur l'art."
Et ainsi, pas pour la première fois dans l'histoire, une jeune femme
avenante se trouve en train de jouer la muse d'un homme d'un certain âge.
Sur cette note nous finissons nos entrevues. "Parlez moi s'il vous plait
à la première de The Jacket." demande Keira. "Personne
ne me parle jamais." C'est à environ une heure du matin que je me
rattrape avec elle. Elle n'a aucun danger d'être ignorée.
"Ce soir, j'ai été félicitée pour ma performance
dans le Pearl." Me dit-elle à perdre haleine au-dessus du vacarme
qu'engendre la soirée. "Je pense que c'est un club de strip-tease
dans le secteur, et apparemment je suis une danseuse là. Ce type a dit
que je dansais vraiment très bien!" Et avant que Knightley passe
complètement dans une sorte de 'dimension pour célébrités',
je prends mon congé et la remercie de notre réunion au Sundance,
qui était, pour dire vrai, très charmante. "Bien, on remet
ça quand vous voulez," dit-elle. "Et si je n'ai pas été
comme vous l'auriez souhaité, je m'en excuse!"
© Texte traduit par Fascette, pour Knightley-Infos.com.
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