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Cyberpress
PRIDE AND PREJUDICE
L'obsession de Keira Knightley
Par Marc-André
Lussier
New York
La rencontre entre Keira Knightley et le célèbre roman
de Jane Austen n'est pas le résultat d'une simple volonté d'actrice.
Elle relève plutôt de l'obsession...
Pride and Prejudice n'avait pas été adapté au
cinéma depuis 65 ans. Si le roman de Jane Austen est encore bien présent
dans les esprits, c'est surtout grâce à une série qui a
fait les beaux jours de la télé britannique et mondiale, au cours
des années 90. À vrai dire, son succès fut tel que certains
observateurs auraient pu remettre en question la pertinence d'une nouvelle version
destinée aux salles. "Il est vrai que c'est un risque, concède
Keira Knightley", l'une des jeunes actrices les plus en vue du moment.
"Mais il en vaut la peine!"
La réalisation du nouveau film a été confiée à
Joe Wright, cinéaste anglais qui a jusqu'ici fait sa marque à
la télé britannique. Le cinéaste a d'ailleurs réuni
une distribution prestigieuse. Autour de la jeune vedette, vue récemment
dans Domino, on trouve des vétérans comme Brenda Blethyn, Judi
Dench et Donald Sutherland. On compte aussi la présence du quasi-inconnu
Matthew Macfadyen, à qui incombe la tâche de succéder à
Colin Firth, inoubliable dans le rôle de Mr. Darcy, le personnage-phare
de la série télévisée.
Keira Knightley, choisie pour interpréter la fougueuse Elizabeth Bennet,
reconnaît même qu'avant de rencontrer Macfadyen, elle ne pouvait
imaginer personne d'autre que Firth dans les habits de Darcy. "À
l'époque où je suivais la série en tant que spectatrice,
dit-elle, ma fascination pour cette histoire ainsi que pour Colin Firth relevait
carrément de l'obsession!"
Macfadyen, lui, ne s'en est pas trop fait avec les comparaisons. Pour la simple
et bonne raison que le roman, tout autant que la télésérie,
lui était parfaitement inconnu. "J'avais évidemment entendu
parler du facteur Darcy," concède l'acteur. "Et je
savais aussi que le rôle avait fait de Firth un sex-symbol. Mais comme
je n'ai rien vu, je ne m'en suis pas vraiment préoccupé,"
affirme l'acteur de théâtre et vedette de la télésérie
MI-5.
Pressentie pour le rôle d'Elizabeth bien avant que son partenaire ne soit
trouvé, Keira Knightley a ainsi vu Macfadyen débarquer un jour
dans le studio pour une audition. "Dès le premier essai, j'ai
tout de suite senti que ça cliquerait entre nous. La scène où
l'on voit Elizabeth et Darcy s'approcher l'un de l'autre comme s'ils allaient
s'embrasser a d'ailleurs été improvisée à ce moment-là!"
Un premier amour
Mais qu'est-ce qui fascine tant dans ce roman ? Pourquoi cette histoire d'une
famille vivant dans l'Angleterre très hiérarchisée de la
fin du XVIIIe siècle reste-t-elle actuelle? Parce que, selon Joe Wright,
le récit s'articule autour de jeunes gens qui tombent amoureux pour la
première fois. "Et ça, c'est intemporel et universel",
précise-t-il. Aussi n'a-t-il pas voulu moderniser l'oeuvre de Jane Austen.
Il a plutôt souhaité rester fidèle à l'esprit d'un
roman qui, soutient-il, contient déjà une grande part de modernité.
"Cinq jeunes femmes dans une maison, ça fait du bruit. Je voulais
faire écho à ce type d'énergie et recentrer le récit
sur les personnages féminins," dit-il.
Wright a tenu à faire appel à de jeunes acteurs, histoire de bien
refléter le point de vue du personnage. Il confie d'ailleurs avoir pressenti
plusieurs actrices avant de confier le rôle d'Elizabeth à Keira
Knightley. "Elizabeth est une fille de caractère qui refuse
de suivre la voie toute tracée dans laquelle voudrait l'engager sa mère.
Pour cette raison, je trouvais Keira peut-être un peu trop belle, un peu
trop lisse, au départ. Mais je ne la connaissais pas encore!"
Par acquit de conscience, Wright est quand même venu rencontrer la jeune
actrice au moment où elle tournait The Jacket à Montréal.
"Elle n'a pas mis beaucoup de temps à me convaincre. Elle parlait
de ce personnage et de son histoire avec une telle conviction que s'en est devenu
l'évidence même!" L'actrice explique ainsi son intérêt
pour le personnage : "Elle représente tout ce que j'aspire à
être. En même temps, j'aurais parfois envie de la gifler!"
Brenda Blethyn et Donald Sutherland incarnent de leur côté le couple
parental. Wright tenait à ce que le personnage du père ait un
lien de complicité avec ses filles. D'où l'idée de faire
appel à Sutherland, un acteur que Wright, alors comédien, avait
rencontré sur le plateau de Revolution de Hugh Hudson. "C'est
en revoyant Donald dans Cold Mountain que ça m'a sauté aux yeux,"
explique le cinéaste. "Il émane de lui une tendresse
très masculine qui s'harmonisait parfaitement avec le personnage."
L'acteur canadien, qui joue cette année dans la télésérie
américaine Commander in Chief, apprécie la volonté
du réalisateur de rester fidèle au roman. "Il arrive
souvent que les adaptations de Pride and Prejudice s'attardent plus aux personnages
masculins," fait-il remarquer. "Ce n'est pas correct, car
ce sont les femmes qui sont au centre de cette histoire."
Fait à noter, la version du film présentée en Grande-Bretagne
diffère légèrement de celle qui gagnera les écrans
nord-américains. La scène finale ne se conclut pas de la même
façon. "Je crois qu'il faut ajouter une part de sucre pour obtenir
du succès sur le marché américain," explique
le cinéaste en souriant. "Cela dit, nous voulions que ce film
soit sentimental sans qu'il verse dans la sensiblerie."
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