En ouverture à Venise
Reviens-Moi a été
présenté en ouverture de la Mostra de Venise 2007, en compétition. Jamais un
réalisateur aussi jeune que
Joe Wright (35 ans) n'avait eu cet honneur auparavant.
Au-delà des "Préjugés"
Après avoir obtenu un grand succès avec son premier opus Orgueil et
préjugés en 2000,
Joe Wright
adapte de nouveau une oeuvre de la littérature romantique britannique. Il s'agit d'un ouvrage plus
récent puisque
Reviens-Moi de Ian McEwan a été
publié en 2001. Mais l'intrigue court sur plus de soixante-dix ans, depuis les années 30
jusqu'à nos jours.
Revenez-moi
Joe
Wright a fait appel à une grande partie de l'équipe d'Orgueil et
préjugés. Devant la caméra, on retrouve ainsi
Keira Knightley dans le rôle de Cecilia et Brenda Blethyn dans
celui de Grace Turner. Le cinéaste également retravaillé avec la décoratrice
Sarah Greenwood, la costumière Jacqueline Durran, le monteur Paul Tothill et le compositeur Dario
Marianelli.
Trois en une
L'intrigue couvrant une très longue période, l'un des personnages principaux, Briony, est
interprété par trois comédiennes, de trois générations : dans la
première partie, Briony, âgée de 13 ans, a les traits de Saoirse Ronan (12 ans au
moment du tournage) ; dans la deuxième partie, la jeune fille de 18 ans est incarnée par
Romola Garai, l'héroïne de Angel de François Ozon (24 ans au moment du tournage).
Enfin, c'est Vanessa Redgrave qui campe Briony, femme d'âge mûr, dans la troisième
partie. Choisie en dernier, Romola Garai s'est efforcée de prendre pour modèles les deux
autres comédiennes. Elle a notamment étudié la gestuelle de Saoirse Ronan, mais
aussi, avec un répétiteur, sa voix. "Il était primordial qu'il n'y ait pas de
rupture entre les trois Briony", note par ailleurs la costumière Jacqueline Durran. "Il
fallait conserver la même palette de couleurs : à partir du moment où Saoirse porte
des tenues blanc cassé, l'uniforme d'infirmière de Romola ne pouvait être que dans
les bleus pâles et les blancs. Il était essentiel que lorsque Vanessa Redgrave entre en
scène, ses costumes soient dans les mêmes tons."
De Briony à Cecilia
Dans un premier temps,
Joe Wright
avait pensé à
Keira Knightley pour le rôle de...
Briony (l'autre personnage féminin-clé du film).
C'est un beau roman...
Joe Wright parle du travail
d'adaptation du roman, exercice d'autant plus périlleux qu'il s'agit d'un ouvrage très
dense, et qui compte de nombreux fans... "Quand j'ai lu le scénario la première fois,
j'ai remarqué qu'il s'était beaucoup éloigné du roman. Comme je trouvais le
livre formidable, Christopher [Hampton] [connu notamment pour son travail sur Les Liaisons dangereuses de
Frears] et moi sommes repartis à zéro en restant aussi fidèle au roman que possible.
J'avais le sentiment de connaître parfaitement le livre et le scénario, et j'en comprenais
les moindres rebondissements. Un livre exprime un fantasme, c'est un ensemble de symboles inscrits sur
une page qui font naître une histoire dans votre esprit. Il y a autant d'interprétations du
livre que de lecteurs. J'ai réalisé une adaptation du livre telle que je l'ai
interprété lorsque je l'ai lu."
L'étrange séduction qu'exerce McEwan...
Joe Wright n'est pas le premier
cinéaste à porter à l'écran un ouvrage de Ian McEwan. Plusieurs illustres
collègues s'y sont déjà essayés : citons, par ordre chronologique, Richard
Eyre (The Ploughman's Lunch), Wolfgang Becker (Schmetterlinge), Paul Schrader (Etrange séduction),
Andrew Birkin (Cement Garden), John Schlesinger (The Innocent) ou Roger Michell (Délire
d'amour).
Démolir, dit-il
"C'est en quelque sorte une entreprise de démolition", estime l'écrivain Ian
McEwan à propos du travail d'adaptation d'un livre au cinéma. "Il faut réduire
une oeuvre de 130 000 mots à un scénario de 25 000 mots. Le travail d'adaptation est
particulièrement complexe pour le scénariste car il s'agit d'un roman très
introspectif qui fouille la conscience de plusieurs personnages. Je trouve que
Joe Wright et
Christopher Hampton ont accompli un travail d'une grande intelligence - et je dirais même plus,
d'une grande pertinence."
L'effet Christian Dior...
Pour la première période -dans la grande maison, en 1935, en période de canicule-,
le cinéaste et son chef-opérateur ont eu recours à une technique particulière
: "Nous avons utilisé un "filtre" spécial, autrement dit des bas Christian
Dior qui donnent un bel éclat irisé aux reflets et rendent la lumière plus
douce", expliquent-ils. "Cependant, alors que les événements prennent une
tournure plus sombre, nous utilisons le même dispositif mais la lumière est de moins en
moins douce. Le film comporte aussi des aspects assez sombres." Pour la deuxième
période (la guerre), ils ont opté pour un tournage caméra à l'épaule,
à la fois pour donner le sentiment d' "un reportage pris sur le vif" et pour
"rendre les éclairages plus durs, plus blafards".
Minghella est là
L'homme qui interviewe Briony-Vanessa Redgrave à la fin du film n'est pas un inconnu, même
s'il ne s'agit ni d'un comédien ni d'un journaliste... C'est Anthony Minghella, le
réalisateur entre autres du Patient anglais.
Ceux de chez nous
Certaines scènes se déroulant pendant la guerre ont pour cadre la campagne
française. On y aperçoit deux comédiens bien connus dans l'hexagone : Lionel
Abelanski et Michel Vuillermoz (qui furent déjà camarades de jeu dans Un petit jeu sans
conséquence). Signalons d'autre part la présence, dans un petit rôle, de l'acteur-
fétiche des frères Dardenne, le Belge Jérémie Renier.
Mon film, ma bataille
Les séquences situées en France ont en fait été tournées en Grande-
Bretagne, dans le Lincolnshire, à Norfolk et dans le Cambridgeshire, à Grimsby et Redcar.
La bataille de Dunkerque a ainsi été tournée sur la plage de Redcar. Cette
scène a nécessité la présence de pas moins de 2000 figurants et
d'éléments de décor particulièrement impressionnants (un kiosque à
musique, une grande roue, un bateau échoué sur le sable...)
Joe Wright se souvient
: "Cela s'est avéré très exaltant, nous avons répété toute
la journée, de 6 heures du matin à 18h30, pour être le plus au point possible et nous
avons tourné trois prises. Du coup, tout le monde était enthousiaste et tous les figurants
ont pris conscience de ce que nous faisions et de ce que nous recherchions. C'était presque comme
du théâtre. J'ai adoré ces moments. En plus, la lumière était
sublime."
Aléas du casting
Abbie Cornish avait été pressentie pour incarner Briony à 18 ans, mais son
engagement sur Elizabeth : l'âge d'or (un autre film d'époque, tourné au même
moment) l'a obligée à renoncer au rôle.
Drôle de Coco
Depuis le tournage de
Reviens-Moi,
Joe Wright et
Keira
Knightley se sont retrouvés à l'occasion d'une publicité : le
cinéaste a en effet dirigé la comédienne pour un spot Chanel, marque dont celle-ci
est l'égérie.
Source : allocine.fr